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Thèmes au programme de culture générale et expression en deuxième année de BTS

Le BTS n’enseigne pas la philosophie en tant que telle, mais la culture générale. En deuxième année, le programme est axé sur deux thèmes, dont l’un change chaque année. Le BO n°10 du 7 mars 2019 présente les thèmes au programme rentrée 2019.

Thèmes concernant l’enseignement de culture générale et expression en deuxième année de section de technicien supérieur en vue de la session 2020.

 Thème n°1 - Seuls avec tous

Problématique
« Moi seule, et c’est assez ! » : par cette affirmation, la terrible Médée répond à sa confidente qui lui demande ce qui lui restera une fois son forfait accompli. Deux siècles après Corneille, Balzac reprend ces mots pour les mettre dans la bouche de la coquette duchesse de Langeais. Cette citation devient ainsi l’expression d’un égoïsme forcené qui, pour une part, caractérise nos sociétés contemporaines parfois taxées d’individualisme. À l’opposé, on entend le slogan scandé par des groupes de toute nature - rassemblements sportifs, associatifs, politiques... - : « Tous ensemble ! ». Ces deux exclamations expriment deux comportements que chacun de nous peut ponctuellement ou durablement adopter.
C’est tantôt l’individu qui s’impose, avec ses enjeux personnels, ses impératifs identitaires, ses désirs égoïstes ; c’est tantôt le groupe qui permet d’exister, de se construire dans une collectivité, une communauté. La langue française saisit la totalité selon deux pronoms indéfinis à la valeur bien différente : « chacun » rend compte d’un ensemble sur un mode distributif quand « tous » ne saisit le groupe que de façon indistincte.
Si l’individu court le risque de se diluer dans le groupe, d’y perdre son originalité et sa liberté, inversement la société lui permet de maîtriser ses passions, de réguler ses excès et le groupe lui donne la puissance de l’action collective. En parlant d’une même voix, en unissant les énergies, le groupe gagne en cohérence et en efficacité. Le collectif est ainsi un moteur dans les domaines politiques, économiques, sociaux et artistiques. Aujourd’hui, les structures participatives, associatives, coopératives, mutuelles, donnent l’avantage à des usages partagés.
Comment conjuguer des forces et des intérêts divers dans une action et une existence communes, mais aussi, comment respecter les particularités d’individus, de personnes essentiellement singulières ?

 Thème n°2 - À toute vitesse !

Problématique
La vitesse permet de multiplier les possibles, de vivre avec intensité de nombreuses expériences. La vitesse est grisante, elle procure une ivresse qui nous ravit. Qu’il s’agisse du coureur, du cavalier ou du pilote, la quête du record nécessite exploits physiques et techniques. Le dépassement des limites qu’elle implique a quelque chose de fascinant.
La modernité et les progrès techniques modifient notre rapport au temps et à l’espace. La rapidité devient une compétence essentielle : il faut être réactif, prendre des décisions dans l’urgence, parfois au détriment de la réflexion et de la suspension du jugement. Les phénomènes d’accélération s’amplifient dans tous les domaines : moyens de transports toujours plus rapides, transmission des données en temps réel, gains de productivité, etc. Avec l’accomplissement quasi simultané de multiples tâches, notre perception de la réalité change et notre rythme de vie s’accélère. Il n’y a plus une minute à perdre.
Aller plus vite devrait permettre de dégager du temps. Nous avons pourtant souvent l’impression d’en manquer et d’être soumis à une permanente course contre la montre qui suscite pression et angoisse. Nous avons tendance à multiplier les activités ponctuelles qui n’apportent que des satisfactions éphémères. Comment ne pas céder à l’illusion du gain de temps ? La vitesse qui nous emporte incite à vivre dans un présent sans cesse renouvelé, dans une frustration perpétuelle. Comment, dès lors, garder le contrôle de nos vies sans nous laisser happer par la vitesse ?
La vitesse et l’intensité ont toujours été associées à des vies fulgurantes et exceptionnelles. Pratique de sports extrêmes, conduites à risque : certains choisissent de vivre vite et pleinement, quitte à mettre leur existence en danger. La lenteur semble être dévalorisée. Cependant de multiples activités humaines - création, recherche, artisanat, etc. - nécessitent patience et longueur de temps. Nombreux sont ceux qui refusent l’accélération constante de nos vies et prônent le retour à des rythmes plus lents, mieux ancrés dans les cycles de la nature et le respect des temps biologiques. Ne faut-il pas accepter de perdre du temps pour s’inscrire dans une durée épanouissante ? Comment trouver le bon tempo, le rythme qui convient ? Comment donc prendre le temps de vivre sans pour autant se priver de tous les possibles qu’offre la vitesse ?

Lire l’intégralité du programme dans le BO n°10 du 7 mars 2019

Mise à jour : 8 mars 2019