Philosophie

L’étude suivie d’une œuvre

Mise à jour : 11 janvier 2012

Extrait du compte rendu des trois réunions départementales tenues en 2005 dans l’académie d’Amiens dans le cadre de la formation continue, qui avaient pour vocation de susciter une réflexion commune sur l’explication de texte, sa nature et sa place dans l’enseignement de la philosophie.

Bien chers Collègues,

A la fin du premier trimestre, trois réunions départementales se sont tenues dans notre académie. Elles avaient pour vocation de susciter une réflexion commune sur l’explication de texte, sa nature et sa place dans notre enseignement. A l’issue de ces trois rencontres, nous étions convenus de consigner les conclusions de ces discussions et de les communiquer à tous afin qu’elles jouent un rôle régulateur dans la conduite de notre enseignement et dans nos pratiques d’évaluation, notamment lors des épreuves du baccalauréat.

En ce qui concerne l’épreuve orale, nous rappelons les consignes officielles qui obligent chacun d’entre nous : l’œuvre choisie (au moins deux œuvres dans la section littéraire, au moins une dans les sections S et ES) doit être d’un auteur présent dans la liste jointe au programme ; elle doit posséder une certaine ampleur, faire l’objet d’une étude suivie et posséder une unité. Pour donner un exemple, le livre I du Contrat social remplit intégralement ces 3 conditions. Dans les séries technologiques, le professeur peut étudier avec ses élèves un ensemble de textes, empruntés ou non à une même œuvre, dont le ou les auteurs sont inscrits dans la liste jointe au programme.

L’étude des œuvres (séries de la voie générale) ou des textes (séries technologiques) n’a pas pour principale finalité la préparation de l’épreuve orale, elle doit être faite en liaison avec celle d’une ou de plusieurs notions du programme ; partant, elle ne doit pas être systématiquement repoussée en fin d’année scolaire. Chaque œuvre choisie fait l’objet d’une étude suivie, non d’une explication ou d’un commentaire : certaines parties du texte peuvent faire l’objet d’une lecture serrée, d’autres être seulement résumées ; elle n’a pas pour fin une lecture strictement historique et érudite, son étude restant subordonnée à une approche philosophique étroitement liée au programme des classes terminales qui, rappelons-le, est un programme de notions.

Ces deux précisions doivent guider notre travail de préparation et d’évaluation. Si, et seulement si, l’œuvre étudiée possède une ampleur rendant difficile une lecture serrée de tout le texte, le professeur pourra signaler dans la liste des textes étudiés les passages sélectionnés qui ont fait l’objet d’une étude plus précise. Mais l’examinateur, s’il décide d’interroger le candidat sur un de ces passages délimités, devra s’assurer que le candidat possède une connaissance suffisante de l’ensemble de l’œuvre. L’interrogation ne doit pas attendre du candidat des connaissances érudites sur l’auteur mais rester ouverte et sensible à toute manifestation d’une capacité de réflexion philosophique à partir d’une connaissance suffisante du texte. L’interrogation sera proportionnée à la difficulté et à l’ampleur de l’œuvre, principe que nous devons adopter si nous voulons que le choix des œuvres étudiées reste large et ne se restreigne pas à quelques œuvres très courtes qui sont, parfois, parmi nous, contestées (La Lettre à Ménécée, pour ne pas la citer).

Nous sommes tombés d’accord pour admettre que les collègues puissent, s’ils le souhaitent, le jour de la réunion d’entente, échanger leurs listes afin de prendre connaissance de textes éventuellement mal connus d’eux. Mais, cette possibilité n’est acceptable que dans la mesure où elle favorise l’équité de l’évaluation et joue à l’avantage des candidats en permettant de mieux apprécier le travail qu’ils ont fourni dans l’année et leur capacité de réflexion. Est-ce bien utile de rappeler, à des professeurs de philosophie, que la générosité est la seule vertu qui doive les obliger lors de l’exercice de leur mission d’évaluation ?

Deux dernières précisions :

  1. Dans le cas où la liste présentée par le candidat n’est pas réglementaire (ce qui ne devrait pas se produire ! ), l’examinateur doit réglementairement demander au candidat d’expliquer, dans l’esprit de l’épreuve, un passage d’une œuvre qu’il aura pris soin d’emporter avec lui ( "Au cas où le candidat, en contravention avec les dispositions réglementaires, ne présente aucune liste, ou présente une liste qui, n’étant pas conforme au programme, ne lie pas l’examinateur, il est recommandé à celui-ci de fournir au candidat deux ou trois œuvres, le candidat choisit l’une d’entre elles, dont il lui est demandé d’expliquer un bref fragment." NS n°2001-154 du 30 juillet 2001). Il signalera le fait, très brièvement par écrit, au président du centre afin de dégager sa responsabilité en cas de recours.
  2. Il ne faut jamais laisser au candidat le choix de l’œuvre sur laquelle il sera interrogé, sauf dans le cas précédent.

M. Francis FOREAUX rappelle que la présence aux réunions d’entente et d’harmonisation, dont le rôle est décisif pour garantir l’équité des corrections, est une obligation professionnelle à laquelle aucun professeur, sauf cas de force majeure, ne saurait se soustraire.

Mme Jocelyne BRETON, Professeur au Lycée Cassini de Clermont
M. Arnaud DESJARDIN, Professeur au Lycée Condorcet de St Quentin
M. Pierre-André HUGLO, Professeur au Lycée L. Thuillier d’Amiens

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